Indicateurs de suivi de la bonne gouvernance au centre des discussions



Djibouti, le 03 novembre 2009 : Le Secrétariat Général du Gouvernement, avec l’appui du PNUD, a organisé aujourd’hui un atelier d’ « Information et de sensibilisation à l’élaboration des indicateurs de suivi de la bonne gouvernance », au Kulan Center. L’éventuelle appropriation nationale d’un ensemble d’indicateurs de gouvernance permettrait au gouvernement djiboutien de mieux mesurer la mise en œuvre de l’actuelle stratégie nationale de réduction de la pauvreté, et d’appuyer le processus d’auto-évaluation du Mécanisme africain d’évaluation des pairs (MAEP).

A cette occasion, deux professeurs de l’Université de Djibouti, Dr. Kadar Ali, Directeur du Centre de recherche universitaire, et Dr. Mohamed Ibrahim, sont venus élucider le concept de gouvernance et présenter l’importance et les façons de mesurer les progrès et lacunes dans ce domaine clé du développement.

Les participants à l’atelier comprenaient des cadres et représentant de différentes entités clés concernées par le suivi de la gouvernance, à savoir, le Secrétariat général du gouvernement (SGG), le Secrétariat d’état à la solidarité nationale, la Présidence, le Ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale, l’Inspection générale d’état, le Ministère du commerce et de l’industrie, le Ministère de l’emploi, de l’insertion et de la formation professionnelle, l’Agence nationale de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelle (ANEFIP), le Ministère de l'économie, des finances et de la planification, le Ministère de la Justice, l’Union nationale des femmes djiboutiennes, et la Banque mondiale.

En guise d’ouverture, Dr. Kadar Ali a d’abord offert un aperçu du concept de la gouvernance. Selon lui, celle-ci se distingue du simple concept de gouvernement dans la mesure où elle prend en compte non seulement la mise en place des institutions publiques, mais aussi l’ensemble des mécanismes et processus « qui permettent aux citoyens et aux collectivités de formuler leurs intérêts, d’exercer leurs droits, d’accomplir leurs obligations civiques et de régler leurs différends ». Cet ensemble repose sur trois piliers mettant le gouvernement en rapport avec les citoyens, y compris la société civile et le secteur privé : la légitimité, la responsabilité, et la fonctionnalité. Or, il s’avère que la participation active des citoyens dans la prise de décision, autrement dit la démocratie, est un facteur indispensable qui sous-tend ces piliers. Ainsi, « la bonne gouvernance et la démocratie sont-elles indissolublement liées ».

Dr. Kadar Ali a ensuite souligné quelques domaines prioritaires à renforcer pour consolider la démocratie et par conséquent la bonne gouvernance. Selon lui, la décentralisation peut jouer un rôle important dans ce sens, puisqu’elle vise à « introduire la démocratie dans la vie de tous les jours » de la population, en permettant « une participation directe des citoyens dans l’administration des collectivités locales ». Les autres domaines prioritaires cités comprennent la société civile, l’état de droit, la législature, la réforme de l’administration, l’intégration régionale et le partenariat international.


(g. à dr.) M. Abdourahman Ali Saïd, Directeur national du Projet d'appui à la bonne gouvernance et à la suivi des indicateurs, préside l'ouverture de l'atelier, avec Dr. Kadar Ali, Dr. Mohamed Ibrahim, Professeurs à l'Université de Djibouti, et M. Harbi Omar, Chargé de programme du PNUD.

Etant donné l’importance cruciale de la gouvernance dans le processus du développement, il est essentiel de mesurer de manière systématique les réalisations ainsi que les retards dans ce domaine. Comme l’a expliqué Dr. Kadar Ali, jusqu’à présent, les exercices d’évaluation de la gouvernance ont été menés principalement par les donateurs bilatéraux et multilatéraux. Bien qu’utiles, ces évaluations externes « manquent souvent d’obtenir l’appropriation nationale et l’engagement des intervenants ».

D’où l’intérêt des participants, et le SGG en première ligne, de mettre en place un système d’auto-évaluation de la gouvernance en République de Djibouti. Car, selon Dr. Kadar Ali, « il y a de bonnes raisons de croire que lorsque les évaluations font partie de l'ordre du jour des acteurs nationaux, au lieu de celui des acteurs extérieurs, les résultats des évaluations sont plus susceptibles de conduire à un véritable changement ».

Ainsi, le SGG entend conduire prochainement un exercice de sélection des secteurs prioritaires en matière de gouvernance, avant de procéder à la sélection des indicateurs spécifiques pour mesurer les progrès dans chacun des secteurs sélectionnés. Les indicateurs retenus pourraient ensuite venir renforcer la stratégie nationale de réduction de la pauvreté, appelée l’Initiative Nationale pour le Développement Social (INDS), en mieux y intégrant la dimension gouvernance.

Autant de défis importants à relever l’année prochaine, pour lesquels le SGG ne manquera pas l’appui constant du PNUD.